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Nature - Articles

 

 

 

  Le cheval de Prjewalski sur le chemin de la liberté                                  (Article du Monde du 28/10/01)

 

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En 1878, Nicolaï Prjewalski colonel cartographe de l'armée impériale russe, rapporta de Mongolie la peau et le crâne d'une espèce inconnue de cheval sauvage. Il l'appelle 'Takh" transcription phonétique de son nom local, et procéda assez fidèlement à sa description - petite taille, robe jaune orangé, crinière épaisse et sombre. Plus d'un siècle plus tard, l'espèce n'est plus connue que sous le nom de son découvreur. Et Takh est devenu celui d'une association française, qui s'est donné une mission aux limites de l'impossible : permettre au cheval de Prjevalski de galoper à nouveau dans les steppes mongoles, où personne ne l'a plus jamais vu depuis... 1966. (*)

 

Quand avait-il commencé de s'y plaire 7 A quel moment de l'évolution avait-il trouvé sa place dans le genre Equus, cette famille de mammifères ongulés à un seul doigt" (monodactyles) rassemblant chevaux, ânes, zèbres et onagres, qui commença il y a 4 à 3 millions d'années à se répandre et se diversifier en Eurasie ? Il y a 20 000 à 15 000 ans, alors qu'il servait de modèle aux peintres de Lascaux et de Niaux - car la ressemblance, selon les naturalistes, n'a rien de fortuit -, il peuplait en tout cas, en multiples troupeaux, les plaines d'Europe et d'Asie centrale.

 

A mesure que l'homme devenait paysan, sa population commença de décliner. Non pas que le petit cheval (1 m 35 au garrot tout au plus) fut inapte à la course ni sans doute à l'effort. Mais l'espèce, de tout temps, refusa d'être domestiquée.

Récemment, des généticiens suédois et américains en ont d'ailleurs fourni une preuve indirecte. Voulant en savoir plus sur l'origine de nos chevaux domestiques, ils ont comparé des fragments d'ADN provenant de 191 d'entre eux avec les mêmes gènes provenant d'ossements d'équidés datant du paléolithique (il y a 28 000 à 12 000 ans) et de l'âge du fer scandinave (il y a 2 000 à 1 000 ans), ainsi qu'avec ceux de chevaux de Prjewalski.

 

Leurs résultats, publiés en janvier dans la revue Science, montrent que la domestication du cheval S'est effectuée à de nombreuses reprises sur des populations distinctes, et non seulement sur certains individus particulièrement dociles d'Asie centrale, comme on le croyait jusqu'alors. Mais ils ne disent rien des liens existant entre ces divers ancêtres et l'espèce Equus prjewalski, dont les caractéristiques génétiques comme son mode de vie sont restés à part.

 

PROJET DE RÉINTRODUCTION 

 

Indomptable, chassé des plaines par l'envahissement des forêts, le petit cheval fut ainsi progressivement repoussé vers le désert de Gobi et les steppes d'Asie. De ce dernier refuge, Il semble avoir disparu depuis plus d'un quart de siècle. Mais, dès la fin du XIXe siècle, plusieurs individus avaient été capturés et exportés vers les zoos européens. Aujourd'hui, ils sont près de 1300 à être élevés en captivité dans le monde : bien assez pour que soit mené un projet de réintroduction de l'espèce dans son milieu naturel - si, toutefois, celui-ci existe encore.

"Dans un premier temps, notre projet était de créer et de maintenir un troupeau sur une steppe européenne, dans des conditions les plus proches possible de la vie sauvage qu'ils menaient autrefois" ' explique-t-on à l'association Takh. Celleci, créée en 1990 sous l'égide de la Station biologique de la tour du Valat, du Fonds mondial pour la nature (WWF) et du parc national des Cévennes, acquiert dans ce but une propriété de 312 hectares sur le causse Méjean, autour du hameau du Villaret (Lozère). Une des dernières steppes de France, dont l'herbe est pour la première fois foulée, en mars 1993, par des chevaux de Prjewalski.

 

Onze adultes - cinq étalons et six juments -, c'est le début d'un troupeau. En juillet 1994 naît le premier poulain, puis une pouliche, puis d'autres encore. En 1997, la deuxième génération commence à son tour à venir au monde. Sur les steppes du Méjean, ils sont aujourd'hui une quarantaine à évoluer en semi liberté. Organisés en groupes familiaux (comprenant un étalon dominant, une ou deux femelles et leurs poulains), ils ne doivent être ni nourris ni soignés. Telles sont les conditions pour espérer réussir la seconde étape du projet, autrement périlleuse : réintroduire, dans le paysage mongol, des chevaux suffisamment rompus à la vie sauvage pour qu'ils puissent y survivre et s'y reproduire durablement. 

 

"En Mongolie, les dernières grandes steppes sauvages d'Asie centrale sont aujourd'hui menacées par le surpâturage des animaux domestiques, qui conduit à l'érosion des sol, à l'épuisement des ressources en eau et à la désertification. Pour freiner cette évolution, le plus urgent est de maintenir les pratiques pastorales traditionnelles, respectueuses de l'environnement". indique-t-on au WWF, 

impliqué au premier chef dans cette tentative de repeuplement naturel. Aux dernières nouvelles, le gouvernement mongol - dont un ambassadeur est venu récemment visiter le causse Méjean - serait prêt à offrir à Equus prjewalski un territoire de plus de 20 000 hectares, vide de concurrents et situé dans le bassin des Grands Lacs, dans le nord-ouest du pays. A partir du printemps 2003 devraient y être conviés, progressivement, les nouveaux représentants de l'espèce. Pour que soit rendue sa liberté, si cela se peut encore, au dernier cheval sauvage.

Catherine Vincent

 


 

Herbivore, donc écologique  

 

Aux agriculteurs cévenols qui s'étonnent de voir leur milieu naturel occupé par des animaux "inutiles", l'association Takh rétorque qu'elle se préoccupe aussi par son action, de la protection des Causses. Sous son apparent dénuement, les steppes pastorales y hébergent en effet une flore rare et typique, où l'adonis printanier voisine avec l'aster alpin, l'ancolie visqueuse et les cheveux d'ange. Menacées par la déprise agricole, l'enrésinement et l'embuissonnement, ces espèces végétales ont tout à gagner à côtoyer un herbivore tel que le cheval de Prjewalski. Depuis quelques années, le domaine du Villaret sert ainsi de lieu d'expérimentation pour mesurer la contribution du pâturage des équidés à l'entretien d'un paysage ouvert. A quoi pourrait s'ajouter, dans le futur, le développement d'un écotourisme spécifique autour de ces rescapés de la nature, qui contribuerait également à l'économie de la région.

 

Association Takh, station biologique de la tour du valat, 13200 Arles tel : 04 90 97 20 13  

 

Parc National des Cévennes  - Page sur le cheval de Prejwalski

 

* Note : Des takhis ont déjà été réintroduits en Mongolie, venant d'autres pays, élevages et associations et s'ébattent dans la réserve naturelle de Khulstayn Uul à une centaine de kilométres au sud-ouest d'Ulaanbaatar. Ce sont leurs photos que vous trouvez sur ce site. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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