COURS PREMIERE 2004
SEQUENCE 1 : L’efficacité argumentative des textes : convaincre, persuader ou délibérer,d’une stratégie à l’autre
Septembre et octobre
2004
Manuels
utilisés :
Littérature
1ere. Des Textes aux séquences
d’Hélène Sabbah, Hatier ( Manuel )
Français
1ere. Méthodes pour le Bac de
Marie Berthelier, Hachette ( Manuel
)
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SEQUENCE N°1 : L’efficacité argumentative des textes : convaincre, persuader ou délibérer, d’une stratégie à l’autre |
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Objets d’étude |
CONVAINCRE, PERSUADER ET DELIBERER L’essai, le dialogue, le traité, l’apologue |
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Problématique |
Comment convaincre ou persuader ? Comment apprécier
la stratégie mise en œuvre par l’auteur ou le personnage dans un
texte argumentatif ? |
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Orientations |
Stratégies argumentatives : de la raison à la mauvaise foi, l’ironie. L’énonciation. Le raisonnement : déduction et induction ; l’analogie ; l’illustration Le registre polémique ; l’attaque ad hominem ; la réfutation et la concession. Implicite et explicite. Les figures de l’éloquence. |
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Lectures analytiques |
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Lectures cursives |
« Dis- lui oui », chanson de Bénabar, Les
Risques du métier ( 2003 ) Le Corbeau et le renard,
Étude comparée avec Le Loup et le chien Article « Beau, beauté » du Dictionnaire
philosophique de Voltaire Histoire d’un bon bramin
de Voltaire ( Manuel, page 435 ), Les Voyages de Gulliver
de Jonathan Swift ( Manuel,
page 90 ) « De l’horrible danger de la lecture » :
séquence « Les obstacles à la publication » du Manuel « Les dangers de la torture », Essais,
II, 5 de Montaigne ( Manuel, pages 36 à 38 ) « Avis au lecteur », Essais de
Montaigne Arrestation et supplice de Thomas More
d’Antoine Caron ( Château de Blois : Manuel, page 37 ) Extrait de Les Yeux ouverts de Marguerite
Yourcenar, entretien avec Matthieu Galey sur le thème du voyage (Manuel,
pages 394 à 396 ) |
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Activités proposées à la classe |
Révision : la lecture analytique et le commentaire. La méthode de la question sur corpus. L’évolution de la représentation de Jeanne
d’Arc
( Exposition « Jeanne d’Arc. Les tableaux de l’histoire »,
Musée des Beaux- Arts de Rouen, 30 mai- 1er septembre 2003 ) Visite- conférence au Musée d’Orsay, « Figures
illustres » ou comment le XIXeme siècle a su consacrer la
valeur d’hommes et de femmes remarquables du passé national et du
temps présent. |
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Les textes
1. CORNEILLE, Le Cid
DON RODRIGUE, seul,
Percé
jusques au fond du cœur
D'une
atteinte imprévue aussi bien que mortelle,
Misérable
vengeur d'une juste querelle,
Et
malheureux objet d'une injuste rigueur,
Je
demeure immobile, et mon âme abattue
Cède
au coup qui me tue.
Si
près de voir mon feu récompensé,
Ô
Dieu! l'étrange peine!
En
cet affront mon père est l'offensé,
Et
l'offenseur le père de Chimène !
Que
je sens de rudes combats !
Contre
mon propre honneur mon amour s'intéresse :
Il
faut venger un père, et perdre une maîtresse :
L'un
m'anime le cœur, l'autre retient mon bras.
Réduit
au triste choix ou de trahir ma flamme,
Ou
de vivre en infâme,
Des
deux côtés mon mal est infini.
Ô
Dieu, l'étrange peine!
Faut-
il laisser un affront impuni ?
Faut-
il punir le père de Chimène ?
Père,
maîtresse, honneur, amour,
Noble
et dure contrainte, aimable tyrannie,
Tous
mes plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie.
L'un
me rend malheureux, l'autre indigne du jour.
Cher
et cruel espoir d'une âme généreuse,
Mais
ensemble amoureuse,
Digne
ennemi de mon plus grand bonheur,
Fer
qui causes ma peine,
M'es-
tu donné pour venger mon honneur ?
M'es-
tu donné pour perdre ma Chimène ?
Il
vaut mieux courir au trépas.
Je
dois à ma maîtresse aussi bien qu'à mon père :
J'attire
en me vengeant sa haine et sa colère ;
J’attire
ses mépris en ne me vengeant pas.
A
mon plus doux espoir l'un me rend infidèle,
Et
l'autre indigne d'elle.
Mon
mal augmente à le vouloir guérir ;
Tout
redouble ma peine.
Allons,
mon âme ; et puisqu'il faut mourir,
Mourons du moins sans offenser Chimène.
Mourir
sans tirer ma raison !
Rechercher
un trépas si mortel à ma gloire!
Endurer
que l'Espagne impute à ma mémoire
D'avoir
mal soutenu l'honneur de ma maison!
Respecter
un amour dont mon âme égarée
Voit
la perte assurée !
N'écoutons
plus ce penser suborneur,
Qui
ne sert qu'à ma peine.
Allons,
mon bras, sauvons du moins l'honneur,
Puisqu'
après tout il faut perdre Chimène.
Oui,
mon esprit s'était déçu.
Je
dois tout à mon père avant qu'à ma maîtresse:
Que
je meure au combat, ou meure de tristesse,
Je
rendrai mon sang pur comme je l'ai reçu.
Je
m'accuse déjà de trop de négligence ;
Courons
à la vengeance ;
Et
tout honteux d'avoir tant balancé,
Ne
soyons plus en peine,
Puisqu'
aujourd'hui mon père est l'offensé,
Si
l'offenseur est père de Chimène.
Le
Cid,
acte I, scène 6, vers 291 à 350.
Les
Animaux malades de la peste
Un
mal qui répand la terreur,
Mal
que le ciel en sa fureur
Inventa
pour punir les crimes de la terre,
La
peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom),
Capable
d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait
aux animaux la guerre.
Ils
ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés
On n'en voyait point d'occupés
A
chercher le soutien d'une mourante vie;
Nul
mets n'excitait leur envie,
Ni
loups ni renards n'épiaient
La
douce et l'innocente proie,
Les
tourterelles se fuyaient;
Plus
d'amour, partant plus de joie.
Le
lion tint conseil, et dit : « Mes chers amis,
Je
crois que le ciel a permis
Pour
nos péchés cette infortune.
Que
le plus coupable de nous
.
Se
sacrifie aux traits du céleste courroux
Peut-
être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire
nous apprend qu'en de tels accidents
On
fait de pareils dévouements.
Ne
nous flattons donc point, voyons sans indulgence
L'état
de notre conscience.
Pour
moi, satisfaisant mes appétits gloutons,
J'ai
dévoré force moutons.
Que
m'avaient- ils fait ? Nulle offense.
Même
il m'est arrivé quelquefois de manger
Le
berger.
Je
me dévouerai donc, s'il le faut; mais je pense
Qu'il
est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car
on doit souhaiter selon toute justice
Que
le plus coupable périsse.
-
Sire, dit le renard, vous êtes trop bon roi ;
Vos
scrupules font voir trop de délicatesse ;
Eh
bien! manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-
ce un péché ? Non, non : vous leur fîtes, Seigneur,
En
les croquant beaucoup d'honneur;
Et
quant au berger, l'on peut dire
Qu'il
était digne de tous maux,
Étant
de ces gens- là qui sur les animaux.
Se
font un chimérique empire. »
Ainsi
dit le renard, et flatteurs d'applaudir
On
n'osa trop approfondir
Du
tigre, ni de l'ours, ni des autres puissances,
Les
moins pardonnables offenses.
Tous
les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au
dire de chacun étaient de petits saints.
L'âne
vint à son tour et dit : « J'ai souvenance
Qu'en
un pré de moines passant,
La
faim, l'occasion, l'herbe tendre, et, je pense,
Quelque
diable aussi me poussant,
Je
tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je
n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net. »
A
ces mots on cria haro sur le baudet.
Qu'il
fallait dévouer ce maudit animal,
Ce
pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal,
Sa
peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger
l'herbe d'autrui ! quel crime abominable!
Rien
que la mort n'était capable
D'expier
son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon
que vous serez puissant ou misérable,
Les
jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
Fables,
Livre VII, 1
Le Loup et le chien
Un
loup n'avait que les os et la peau,
Tant
les chiens faisaient bonne garde.
Ce
loup rencontre un dogue aussi puissant que beau,
Gras,
poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer,
le mettre en quartiers,
Sire
loup l'eût fait volontiers.
Mais
il fallait livrer bataille;
Et
le mâtin était de taille
A
se défendre hardiment.
Le
loup donc l'aborde humblement,
Entre
en propos, et lui fait compliment
Sur
son embonpoint qu'il admire.
«
Il ne tiendra qu'à vous, beau sire,
D'être
aussi gras que moi, lui repartit le chien.
Quittez
les bois, vous ferez bien:
Vos
pareils y sont misérables, Cancres, hères, et pauvres diables,
Dont
la condition est de mourir de faim.
Car
quoi ? Rien d'assuré; point de franche lippée
Tout
à la pointe de l'épée.
Suivez-
moi: vous aurez un bien meilleur destin. »
Le
loup reprit: « Que me faudra- t- il faire ?
-
Presque rien, dit le chien, donner la chasse aux gens
Portants
bâtons et mendiants;
Flatter
ceux du logis, à son maître complaire;
Moyennant
quoi votre salaire
Sera
force reliefs de toutes les façons:
Os
de poulets, os de pigeons;
Sans
parler de mainte caresse. »
Le
loup déjà se forge une félicité
Qui
le fait pleurer de tendresse.
Chemin
faisant il vit le col du chien pelé.
«
Qu'est- ce là ? lui dit- il. - Rien. - Quoi rien ? – Peu de chose.
-
Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché
De
ce que vous voyez est peut- être la cause.
-
Attaché ? dit le loup; vous ne courez donc pas
Où
vous voulez ? - Pas toujours, mais qu'importe ?
-
Il importe si bien que de tous vos repas
Je
ne veux en aucune sorte,
Et
ne voudrais pas même à ce prix un trésor. »
Cela
dit, maître loup s'enfuit, et court encor.
Fables, Livre I, 5
Le
Corbeau et le renard ( Lecture cursive )
Maître
corbeau, sur un arbre perché,
Tenait
en son bec un fromage.
Maître
renard, par l’odeur alléché,
Lui
tint à peu près ce langage :
« Hé !
bonjour, Monsieur du Corbeau,
Que
vous êtes joli, que vous me semblez beau !
Sans
mentir, si votre ramage
Se
rapporte à votre plumage,
Vous
êtes le phénix des hôtes de ce bois. »
A
ces mots le corbeau ne se sent plus de joie ;
Et
pour montrer sa belle voix,
Il
ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le
renard s’en saisit, et dit : « Mon bon Monsieur,
Apprenez
que tout flatteur
Vit
aux dépens de celui qui l’écoute :
Cette
leçon vaut bien un fromage, sans doute. »
Le
corbeau, honteux et confus,
Jura,
mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.
Jean
de la Fontaine, Fables, I, 2 ( 1668 )
VOLTAIRE, Dictionnaire Philosophique, article Beau, Beauté ( Lecture cursive )

4. VOLTAIRE, Dictionnaire Philosophique, article Torture

Je
sais bien Muriel que ca n'me regarde pas
Tu l'as foutu dehors et je respecte ton choix
Mais il voudrait revenir d'accord j'insiste pas
C'est mon ami quand même non c'est pas lui qui m'envoie
Ca me fait de la peine, vous alliez si bien ensemble
Six ans de vie commune mais je veux pas le défendre
Avec tout ce que vous avez vécu, avoue que c'est dommage
Et j'te dis pas combien il souffre, ça serait du chantage
Muriel je t'en prie, je t'en supplie dis-lui oui
Dis-lui oui, oh oh oh oh oh, dis-lui oui !
Depuis que tu l'as quitté il habite chez moi
Je peux plus le supporter, Muriel aide- moi
Il veut toujours qu'on parle et qu'on parle que de lui
La discussion consiste à l'écouter, à dire oui
Le seul moment tranquille, c'est quand il t'écrit
Mais les poèmes de cinq pages après il me les lit
Il me raconte votre vie dans les moindre détails
Ce qui se passe dans votre lit depuis vos fiançailles
Je suis un gentleman, je répèterai pas, c'est intime
Rassure-toi Muriel... Espèce de p'tite coquine !
Dis-lui oui, dis-lui oui
Depuis que tu l'as quitté il habite chez moi
Je peux plus le supporter, Muriel aide- moi
Il va et vient la nuit, à n'importe quelle heure
Il fouille dans ma chambre pendant qu'je dors
J'ai frôlé la crise cardiaque j'en ai encore mal dans le bras
Il a fait semblant d'être somnambule pour que j'l'engueule pas
Tu sais c'est un mec bien mais j'veux pas t'influencer
Il gagne pas mal sa vie, à deux c'est mieux pour le loyer
Voyons les choses en face t'es pas non plus terrible
Regarde-toi dans une glace Muriel, faut être lucide !
Dis-lui oui, oh oh oh oh oh, dis-lui oui !
Depuis que tu l'as quitté il habite chez moi
Je peux plus le supporter, Muriel aide moi
Dis-lui oui, Dis-lui oui
Bon il a des torts, il t'a trompé c'est vrai
Avec ta mère, d'accord, mais ramène pas tout à toi
Muriel mon enfant je t'aide parce que je t'aime bien
Mais on s'en sortira pas si t'y mets pas du tien
Dis-lui oui, oh oh oh oh oh, dis-lui oui !
Depuis que tu l'as quitté il habite chez moi
Je peux plus le supporter, Muriel aide- moi
Dis-lui oui !
Compte- rendu de la conférence « Figures illustres » du Musée d’Orsay
11 janvier 2005
« Illustre » s’applique
Napoléon s’éveillant à l’immortalité ( 1845 )de François Rude

Napoléon est représenté
La sculpture en bronze a été commandée à l’occasion du retour de ses cendres par un de ses soldats de Côte- d’Or.
Hommage à Delacroix ( 1864 ) de Fantin- Latour
Peinture.
Portrait de groupe

Eloge funèbre de celui qui est en portrait au milieu de la toile ( sur le modèle d’une photographie de Delacroix par Nadar ).
Le peintre se distingue du groupe habillé bourgeoisement en noir par sa chemise blanche qui attire la lumière. Même si son visage reste flou, il arrive à attirer l’attention du spectateur. Il se proclame le successeur de Delacroix grâce à sa palette et aux fleurs.
En 1864, tout le monde reconnaissait Charles Baudelaire en bas à droite, James Whistler debout devant Fantin- Latour.
Le
Docteur Péan avant l’opération
d’Henri Gervex
Toile grand format. Mouvement pictural qui cherche à substituer aux saints de grands hommes, nouveaux saints laïcs.

Portrait du médecin qui explique l’utilisation de l’instrument qu’il vient d’inventer : la pince homéostatique. Il œuvre pour le bien public.
La médecine se pratique sans les précautions que va apporter Louis Pasteur ( pas de milieu stérile, les chirurgiens sont en habits ) mais sous anesthésie ( éponges dans le bocal au premier plan ).
Buste
de Sarah Bernhard par Gérôme[1]
( 1895 )
Comédienne, première grande star, morte en 1923.

On vendait d’elle des photographies, des films.
La sculpture la célèbre grâce à la muse de la tragédie ( cothurnes, lèvres abaissées ) à ses pieds et aux putti.
Le marbre est peint : visage très blanc, chevelure rousse.
Autoportrait
au Christ jaune
de Paul Gauguin ( 1890 )
Paul Gauguin s’est représenté au milieu de ses œuvres.
Derrière Gauguin, deux de ses œuvres récentes. À gauche, Christ jaune, peint d’après une sculpture polychrome de Trémalo, près de Pont-Aven. À droite, une poterie- autoportrait, pot à tabac qui avait été offert à Madeleine Bernard avec une lettre expliquant qu’« il représentait vaguement Gauguin le sauvage » (elle l’avait refusé). Le four où a cuit la céramique représente l’enfer : Paul Gauguin avait abandonné sa famille pour se consacrer à la peinture et était très sensuel.

Paul Gauguin se montre comme un dieu incompris.
[1] Gérôme a aussi sculpté des gladiateurs, conservés au Musée d’Orsay, qui ont inspiré Ridley Scott pour Gladiator.
SEQUENCE 2 : Une Saison en enfer et Illuminations d'Arthur RIMBAUD
Novembre et
décembre 2004
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Objets d’étude |
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Problématique |
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Comment se manifeste la révolte d’Arthur Rimbaud ? |
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Orientations - Objectifs |
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-
La
constitution des recueils – Les titres des recueils - Les
circonstances de l’écriture et de la publication -
Les révoltes d’Arthur Rimbaud -
La recherche d’une langue poétique nouvelle -
Le poème en prose |
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Lectures analytiques |
Œuvres Intégrales |
Extrait
1 : pages 64- 65 Une Saison en enfer – Délires I
( extrait ) Extrait
2 : pages 68- 77 Une Saison en enfer – Délires II ( extrait
) Illuminations
Extrait
3 : « Aube » Extrait
4 : « Fleurs » Extrait 5 : « Les Ponts » Extrait 6 : « Génie » |
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Lectures cursives et documents complémentaires |
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Extrait 7 : « Marine »
Exposés
préparés par les élèves sur Extrait
8 : « L’Éclair » Extrait
9 : « Parade » Extrait 10 : « Barbare »* Documents
complémentaires :
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Activité proposée à la classe par le professeur |
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Spectacle
de la Pie Rouge de Rouen : Une Saison en enfer |
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Lectures personnelles proposées |
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Aube J’ai embrassé l’aube d’été. Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombre ne quittaient pas la route du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit. La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom. Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse. Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq. A la grand’ ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes , et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais. En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassées, et j’ai senti un peu son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois. Au réveil il était midi.
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Fleurs D’un gradin d’or, - parmi les cordons de soie, les gazes grises, les velours verts et les disques de cristal qui noircissent comme du bronze au soleil, - je vois la digitale s’ouvrir sur un tapis de filigranes d’argent, d’yeux et de chevelures. Des pièces d’or jaune semées sur l’agate, des piliers d’acajou supportant un dôme d’émeraudes, des bouquets de satin blanc et de fines verges de rubis entourent la rose d’eau. Tels qu’un dieu aux énormes yeux bleus et aux formes de neige, la mer et le ciel attirent aux terrasses de marbre la foule des jeunes et fortes roses. |
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Génie Il
est l’affection et le présent puisqu’il a fait la maison ouverte à
l’hiver écumeux et à la rumeur de l’été,lui qui a purifié les
boissons et les aliments, lui qui est le charme des lieux fuyants et le délice
surhumain des stations. Il est l’affection et l’avenir, la force et
l’amour que nous, debout dans les rages et les ennuis, nous voyons
passer dans le ciel de tempête et les drapeaux d’extase. Il
est l’amour, mesure parfaite et réinventée, raison merveilleuse et
imprévue, et l’éternité : machine aimée des qualités fatales.
Nous avons tous eu l’épouvante de sa concession et de la nôtre :
ô jouissance de notre santé, élan de nos facultés, affection égoïste
et passion pour lui, lui qui nous aime pour sa vie infinie… Et
nous nous le rappelons et il voyage … Et si l’Adoration s’en va,
sonne, sa promesse sonne : « Arrière ces superstitions, ces
anciens corps, ces ménages et ces âges. C’est cette époque- ci qui a
sombré ! » Il
ne s’en ira pas, il ne redescendra pas d’un ciel, il n’accomplira
pas la rédemption des colères de femmes et des gaietés des hommes et de
tout ce péché : car c’est fait, lui étant, et étant aimé. O
ses souffles, ses têtes, ses courses ; la terrible célérité de la
perfection des formes et de l’action. O
fécondité de l’esprit et immensité de l’univers ! Son
corps ! le dégagement rêvé, le brisement de la grâce croisée de
violence nouvelle ! Sa
vue, sa vue ! tous les agenouillages anciens et les peines relevées
à sa suite. Son
jour ! l’abolition de toutes souffrances sonores et mouvantes dans
la musique plus intense. Son
pas ! les migrations plus énormes que les anciennes invasions. O
Lui et nous ! l’orgueil plus bienveillant que les charités
perdues. O
monde ! et le chant clair des malheurs nouveaux ! Il
nous a connus tous et nous a tous aimés. Sachons, cette nuit d’hiver,
de cap en cap, du pôle tumultueux au château, de la foule à la plage,
de regards en regards, forces et sentiments las, le héler et le voir, et
le renvoyer, et, sous les marées et au haut des déserts de neige, suivre
ses vues, ses souffles, son corps, son jour.
|
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A moi. L'histoire d'une de mes folies. Depuis longtemps je me vantais de posséder tous les paysages possibles, et trouvais dérisoires les célébrités de la peinture et de la poésie moderne. J’aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs. Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on n'a pas de relations, républiques sans histoires, guerres de religion étouffées, révolutions de mœurs, déplacements de races et de continents : je croyais à tous les enchantements. J’inventai la couleur des voyelles !
- A noir, E blanc, I rouge, 0 bleu, U vert. - je réglai la forme
et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je
me flattai d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre,
à tous les sens. Je réservais la traduction. Ce fut d'abord une étude .J’écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable, je fixai des vertiges. [ …] La vieillerie poétique avait une bonne part dans mon alchimie du verbe.
Je m'habituai à l'hallucination simple: je voyais très
franchement une mosquée à la place d'une usine, une école de tambours
faite par des anges, des calèches sur les routes du ciel, un salon au
fond d'un lac; les monstres, les mystères; un titre de vaudeville
dressait des épouvantes devant moi. Puis j'expliquai mes sophismes magiques avec l'hallucination des mots ! Je finis par trouver sacré le désordre de mon esprit. J’étais oisif, en proie à une lourde fièvre: j'enviais la félicité des bêtes, - les chenilles, qui représentent l'innocence des limbes, les taupes, le sommeil de la virginité! Mon caractère s'aigrissait, je disais adieu au monde dans d'espèces de romances [ ... ] . Je devins un opéra fabuleux: je vis que tous les êtres ont une fatalité de bonheur: l'action n'est pas la vie, mais une façon de gâcher quelque force, un énervement. La morale est la faiblesse de la cervelle. A chaque être, plusieurs autres vies me semblaient dues. [ ... ] Aucun des sophismes de la folie, la folie qu'on enferme, n'a été oublié par moi: je pourrais les redire tous, je tiens le système. Ma santé fut menacée. La terreur venait. je tombais dans des sommeils de plusieurs jours, et, levé, je continuais les rêves les plus tristes. J’ étais mûr pour le trépas, et par une route de dangers ma faiblesse me menait aux confins du monde et de la Cimmérie, patrie de l'ombre et des tourbillons. Je dus voyager, distraire les enchantements assemblés sur mon cerveau. Sur la mer, que j'aimais comme si elle eût dû me laver d'une souillure, je voyais se lever la croix consolatrice. J’avais été damné par l'arc- en- ciel. Le Bonheur était ma fatalité, mon remords, mon ver: ma vie serait toujours trop immense pour être dévouée à la force et à la beauté. Une Saison en enfer, Délires II.
|
|
«
[ ... ]Lui était presque un enfant ... Ses délicatesses mystérieuses
m'avaient séduite. J'ai oublié tout mon devoir humain pour le suivre.
Quelle vie ! La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde,
je vais où il va, il le faut. Et souvent il s'emporte contre moi, moi,
la pauvre âme. Le Démon !
- C'est un Démon, vous savez, ce n'est pas un homme. «
Il dit: « Je n'aime pas les femmes. L'amour est à réinventer, on le
sait. Elles ne peuvent plus que vouloir une position assurée. La position
gagnée, cœur et beauté sont mis de côté : il ne reste que froid dédain,
l'aliment du mariage, aujourd'hui. Ou bien je vois des femmes, avec les
signes du bonheur, dont, moi, j'aurais pu faire de bonnes camarades, dévorées
tout d'abord par des brutes sensibles comme des bûchers... » «
Je l'écoute faisant de l’infamie une gloire, de la cruauté un charme.
« Je suis de race lointaine : mes pères étaient Scandinaves : ils se
perçaient les côtes, buvaient leur sang. -Je me ferai des entailles par
tout le corps, je me tatouerai, je veux devenir hideux comme un Mongol :
tu verras, je hurlerai dans les rues. Je veux devenir bien fou de rage. Ne
me montre jamais de bijoux,
je ramperais et me tordrais sur le tapis. Ma richesse, je la
voudrais tachée de sang partout. Jamais je ne travaillerai ... »
Plusieurs nuits, son démon me saisissant, nous nous roulions, je luttais
avec lui ! ‑ Les nuits, souvent, ivre, il se poste dans des
rues ou dans des maisons, pour m'épouvanter mortellement. - « On me
coupera vraiment le cou ; ce sera dégoûtant. » Oh! ces jours où il
veut marcher avec l'air du crime! «
Parfois il parle, en une façon de patois attendri, de la mort qui fait
repentir, des malheureux qui existent certainement, des travaux pénibles,
des départs qui déchirent les cœurs. Dans les bouges où nous nous
enivrions, il pleurait en considérant ceux qui nous entouraient, bétail
de la misère. Il relevait les ivrognes dans les rues noires. Il avait la
pitié d'une mère méchante pour les petits enfants. – Il s'en allait
avec des gentillesses de petite fille au catéchisme. - Il feignait d'être
éclairé sur tout, commerce, art, médecine. - Je le suivais, il le faut
! » Une saison en Enfer, Délires I |
Apollon et Daphné
par Antoine Paulaiuolo, Le Bernin et Théodore Chassériau

Vierges sages de la Cathédrale de Strasbourg
.jpg)
Yacht approaching the coast
de Joseph Turner
SEQUENCE 3 : Jean le Bleu ( 1932 ) de Jean GIONO
| Objets d’étude |
CONVAINCRE,
PERSUADER ET DELIBERER LE
BIOGRAPHIQUE |